Périménopause, quel âge pour la vivre vraiment ? Entre préménopause, périménopause et ménopause, les mots se mélangent souvent, tout comme les chiffres. Une diététicienne de 49 ans démêle les définitions, avec les données de l'Assurance Maladie, tout en racontant pourquoi son cerveau persiste à croire qu'elle a 30 ans.
J'ai 49 ans. Enfin, officiellement. Parce que si vous me posez la question sans me laisser le temps de réfléchir, je pense que j'aurais plutôt tendance à vous répondre que j'ai la trentaine. Ce qui commence à devenir légèrement problématique puisque, l'année prochaine, j'en aurai 50. Mais je ne réalise pas.
Cinquante. C'est un chiffre. Un peu comme celui qui s'affiche sur une balance. Il donne une information, certes, mais il ne raconte pas toute l'histoire. Alors non, je ne suis pas dans le déni au point de remplir les formulaires administratifs en indiquant 1997 comme année de naissance. Je sais que j'ai 49 ans. Simplement, je ne me sens pas avoir 49 ans. Dans ma tête, j'en ai probablement une trentaine. Et ce n'est finalement pas tellement le corps de mes 30 ans que j'ai conservé dans mon imaginaire. C'est ce que cet âge représentait pour moi.
Dans ma tête, j'ai la trentaine
À 32 ou 33 ans, mes enfants étaient déjà là. Je démarrais mon activité libérale de diététicienne, je construisais ma vie d'entrepreneuse. Et j'avais cette sensation que beaucoup de choses étaient encore possibles.
Ce que représentait vraiment mes 30 ans
La trentaine représentait pour moi une espèce d'équilibre assez sympa. Tu es sortie des premières années de l'âge adulte pendant lesquelles tu cherches encore parfois ta place. Tu commences à avoir suffisamment vécu pour réfléchir un peu plus avant de faire n'importe quoi, enfin, normalement. Mais tu conserves une certaine audace, peut-être moins inconsciente qu'à 20 ans. Une audace à la bonne dose. Et surtout cette sensation : j'ai le temps.
Mon corps, lui, connaît parfaitement ma date de naissance
Aujourd'hui, dans ma tête, cette femme-là n'a pas complètement disparu. Sauf que mon corps, lui, semble parfaitement connaître ma date de naissance. Et parfois, il me la rappelle.
Les soirées, par exemple
J'aime toujours sortir. J'aime toujours les soirées qui se terminent tard. Et si l'occasion se présente de rentrer à 3 heures du matin, la nana de 30 ans qui habite mon cerveau peut parfaitement trouver l'idée excellente.
Deux jours pour récupérer
Le problème arrive après. Parce qu'aujourd'hui, je peux mettre deux jours à récupérer. Deux. Jours. À 20 ans, tu rentres à une heure improbable, tu dors vaguement, tu te relèves et tu continues ta vie. À 49 ans, la soirée peut nécessiter une véritable stratégie logistique. D'ailleurs, quand je ne travaille pas le samedi matin, j'ai désormais une préférence très nette pour les soirées du vendredi. Pourquoi ? Parce que j'ai le samedi pour récupérer. Et éventuellement le dimanche pour terminer les réparations.
Pas trop vieille, juste avec un service après-vente plus long
Voilà. Je ne suis peut-être pas trop vieille pour faire la fête. J'ai simplement atteint l'âge où certaines conneries sont vendues avec quarante-huit heures de service après-vente. Et c'est dans ce genre de moments que je prends conscience que, oui… mes 20 ans sont quand même un peu loin.
Mais suis-je vraiment « trop vieille » pour quelque chose ?
En préparant cet article, je me suis posé la question. Qu'est-ce que je ne fais plus parce que je me considère trop vieille ? Et je n'ai pas trouvé grand-chose.
Ce n'est pas l'âge, ce sont mes priorités
Il existe bien sûr plein de choses que j'aimerais encore faire et que je ne fais pas aujourd'hui. Mais quand j'y réfléchis, la raison n'est pas « Laëtitia, à ton âge, c'est terminé. » C'est plutôt « Ce n'est pas ma priorité maintenant. » Et la différence est énorme. Mon âge, tout comme ma prise de poids ne semblent pas vraiment déterminer ce que je m'autorise à entreprendre. Mon temps disponible, oui. Mon énergie actuelle, beaucoup plus qu'avant. Mes priorités, énormément.
Ce que le temps qui se resserre m'apprend
Parce qu'à 49 ans, quelque chose a changé. Je commence à comprendre que je ne pourrai probablement pas tout faire. Et curieusement, ça ne me donne pas moins d'audace. Ça m'en donne peut-être davantage.
J'ai moins de temps à perdre qu'à 20 ans
Attention, je ne suis pas en train de faire un compte à rebours morbide en regardant mon calendrier tous les matins. Mais à 20 ans, le temps paraît immense. À 49 ans, j'ai davantage conscience qu'il ne l'est pas. Alors je dois choisir. Et surtout, je sais mieux ce que je veux.
Je sais mieux ce que je veux
Je m'en suis rendu compte récemment lors de rencontres entre professionnels. Il y a quelques années, quand je me retrouvais dans un groupe de diététiciens, j'étais plutôt timide. Aller vers quelqu'un, me présenter, engager une conversation professionnelle : j'avais davantage tendance à rester en retrait.
Aujourd'hui ? Je ne perds plus tellement de temps. Je sais pourquoi je suis là : je veux échanger, découvrir les pratiques des autres, parler métier, rencontrer des professionnels. Alors j'y vais. Évidemment, s'il fait une chaleur de dingue, je vais quand même prendre le temps de boire et d'aller prendre l'air, j'ai gagné en audace, pas perdu tout instinct de survie. Mais je ne passe plus dix minutes à réfléchir à la possibilité d'aller parler à quelqu'un. Je sais ce que je suis venue chercher.
Ce que l'âge apporte, pas seulement ce qu'il enlève
Et finalement, c'est peut-être l'un des trucs plutôt sympas avec l'âge. On parle beaucoup de ce qu'il nous enlève. On parle moins de ce qu'il peut nous apporter. L'expérience. La connaissance de soi. La capacité à savoir ce qu'on veut. Et parfois cette petite voix qui dit : « Vas-y. Fonce. »
Et puis Périménop' est arrivée
Ce qui est assez amusant, c'est que le mot périménopause ne m'a pas spécialement fait prendre vingt ans dans la figure.
Le mot ne m'a pas fait peur, professionnellement
Je suis diététicienne, j'accompagne des femmes, j'entends parler de périménopause et de ménopause dans le cadre de ma pratique professionnelle. Je connais le sujet. Donc lorsque j'ai commencé à envisager que certains de mes propres changements puissent correspondre à une périménopause, je n'ai pas découvert un mot mystérieux. Je n'ai pas pensé « Mon Dieu, périménopause ! Je suis vieille ! » Professionnellement, ce mot appartient pour moi au domaine de la santé.
Le déni du « je sais mais je n'ai pas envie de savoir »
Personnellement, j'ai simplement été un peu plus longue à accepter qu'il puisse maintenant me concerner moi. Le fameux : je sais, mais je n'ai pas très envie de savoir. Sauf qu'entre mes cycles qui commencent à faire ce qu'ils veulent, les nuits parfois mouvementées, la fatigue, les changements corporels et les discussions avec les copines qui racontent elles aussi leurs petites réjouissances du moment… les connexions neuronales ont fini par se faire. Bienvenue, Périménop'. Visiblement, tu avais déjà les clés.
Alors, la périménopause commence à quel âge ?
Petite pause de la femme de 49 ans. La diététicienne reprend le clavier.
Pas d'anniversaire précis, une transition progressive
Parce qu'il y a quelque chose d'important à comprendre : la périménopause n'arrive pas à un anniversaire précis. Vous ne soufflez pas vos 47 bougies pour recevoir le lendemain matin un courrier : « Madame, nous avons le plaisir de vous informer de votre entrée officielle en périménopause. » Heureusement. La périménopause est une période de transition autour de la ménopause, pendant laquelle le fonctionnement ovarien évolue et où les cycles peuvent notamment devenir irréguliers et différents symptômes apparaître.
Ce que dit l'Assurance Maladie : 47 ans en moyenne
En France, l'Assurance Maladie indique que les premiers symptômes surviennent en moyenne vers 47 ans et que cette période de transition dure souvent plusieurs années. Mais « en moyenne » est précisément le mot important. Certaines femmes commenceront plus tôt, d'autres plus tard. Certaines auront des symptômes très présents, d'autres traverseront cette période beaucoup plus discrètement. À 49 ans, je ne suis donc absolument pas une anomalie statistique. Même si Périménop' semble parfois faire preuve d'une certaine créativité personnelle.
Préménopause, périménopause, ménopause : on remet un peu d'ordre ?
Parce que les mots peuvent rapidement devenir un joyeux bazar. En France, préménopause et périménopause sont souvent utilisés pour désigner cette période de transition qui précède la ménopause. Selon les définitions scientifiques internationales, le terme périménopause peut avoir un sens un peu plus précis et s'étendre jusqu'à douze mois après les dernières règles.
La périménopause, cette transition aux règles encore présentes
Mais pour comprendre simplement : la périménopause, c'est la transition. Les règles sont encore présentes, mais elles peuvent devenir irrégulières. Le flux peut changer. Des symptômes peuvent apparaître.
La ménopause, un diagnostic qu'on ne pose qu'après coup
La ménopause, elle, correspond à l'arrêt définitif des règles lié à la fin de l'activité folliculaire ovarienne. Et il y a une petite subtilité assez amusante : on ne sait réellement qu'on a eu ses dernières règles… qu'après coup. La ménopause naturelle est considérée comme confirmée lorsqu'une femme n'a pas eu ses règles pendant 12 mois consécutifs, sans autre cause expliquant cette absence. (une vérification par une analyse biologique est à faire)
Donc le jour de vos dernières règles, personne ne sonne une cloche. Vous ne savez pas nécessairement que ce sont les dernières. Ce n'est qu'un an plus tard que vous pouvez regarder en arrière et vous dire « Ah. Donc c'était elles. » La ménopause naturelle survient généralement entre 45 et 55 ans, autour de 51 ans en moyenne en France. Et ensuite commence la postménopause, qui correspond à la période qui suit.
Voilà pour la théorie. Et bizarrement, c'est précisément à cet endroit que la théorie commence à me faire quelque chose.
« Je ne veux plus » n'est pas exactement « je ne peux plus »
Je ne veux plus d'enfant. Vraiment. Ce chapitre-là de ma vie est terminé depuis longtemps dans ma tête. J'ai eu deux grossesses, j'ai mes enfants, je n'ai absolument aucun projet de remettre le couvert. Donc, rationnellement, l'arrêt définitif de ma capacité reproductive ne devrait pas changer grand-chose à ma vie. Et pourtant… je crois que ça me fera quelque chose.
La différence entre choisir et ne plus pouvoir
Parce qu'il existe une différence assez étrange entre « Je pourrais encore, mais je ne veux pas. » et « Maintenant, je ne peux plus. » La décision n'appartient plus au même endroit. Et cela vient probablement toucher quelque chose dans ma propre représentation de la féminité.
Ma propre représentation de la féminité, pas celle des autres
Je dis bien ma propre représentation. Je n'ai aucune intention de définir ce qu'est « être une femme » pour les autres. Certaines femmes ne veulent pas d'enfant. Certaines ne peuvent pas en avoir. Certaines ne se définissent absolument pas à travers leur capacité reproductive. Et heureusement que notre identité de femme ne se résume pas à nos ovaires.
Mais dans mon histoire à moi, avoir pu porter mes enfants fait partie de mon expérience de femme. Alors savoir que cette possibilité va définitivement disparaître marque une étape. Est-ce que cela touche inconsciemment à ma définition de la féminité ? Peut-être. Je n'ai pas vraiment la réponse. Et pour une fois, je vais parfaitement accepter de laisser une question sans réponse.
Et en même temps : vivement que ça s'arrête
Parce que voilà toute la beauté de l'être humain.
Deux réactions qui cohabitent
Je peux ressentir une petite nostalgie à l'idée que mes règles disparaissent définitivement… et simultanément penser « Bon, vous pourriez quand même vous dépêcher un peu de terminer le spectacle. » Parce qu'en ce moment, mes règles ne sont pas toujours particulièrement agréables. Alors le jour où je réaliserai que cela fait douze mois qu'elles ont disparu, j'imagine très bien deux réactions cohabiter. D'abord : Enfin. Soulagement. Et puis peut-être : Ah… ça y est.
Une nostalgie pas des règles elles-mêmes, mais de ce qu'elles représentaient
Une petite nostalgie. Pas nécessairement de mes règles elles-mêmes, faut pas pousser. Mais de ce qu'elles représentaient. Une période de ma vie qui, dans mes souvenirs, ne me semble finalement pas si éloignée. Et qui sera pourtant officiellement derrière moi.

Le temps ne devient peut-être réel que lorsque certaines portes se ferment
C'est finalement étrange. Le chiffre 49 ne me fait pas grand-chose. Le chiffre 50 non plus pour l'instant. Je peux parfaitement vous dire que j'ai la trentaine et presque y croire. Mais certaines expériences rendent le temps beaucoup plus concret. Mettre deux jours à récupérer d'une soirée me rappelle que mes 20 ans sont loin. Sentir mon corps changer me rappelle que les années passent. Et savoir qu'un jour prochain ma période reproductive sera définitivement terminée donne une réalité supplémentaire à ce passage du temps.
Ma carte mentale en six chapitres
Je crois que c'est ainsi que je découpe instinctivement ma propre vie. L'enfance. L'adolescence. L'âge adulte. La périménopause. La ménopause. Puis, beaucoup plus tard j'espère, le troisième âge. Ce découpage n'a évidemment aucune valeur scientifique. C'est ma carte mentale à moi. Et si j'en crois cette carte, j'entre dans le quatrième chapitre sur six. Dit comme ça… merde. On a quand même largement dépassé la moitié du bouquin. Alors tout ce que je souhaite maintenant, c'est que la suite soit très, très longue. Parce que j'ai encore énormément de choses à faire.
Je ne veux pas paraître jeune, je veux avoir de l'énergie
Lorsque j'imagine la femme que je serai après la ménopause, je ne l'imagine pas sans marques de l'âge. Bien sûr que mes traits vont continuer à évoluer. Bien sûr que mon corps va vieillir. Je ne cherche pas à avoir éternellement le visage de mes 30 ans. Ce que je souhaite beaucoup plus profondément, c'est garder la forme et l'énergie nécessaires pour réaliser tous les projets que j'ai encore dans la tête. Et ils sont nombreux, probablement beaucoup trop nombreux pour une seule vie.
C'est peut-être cela, finalement, qui commence à me travailler davantage à 49 ans. Pas « Je deviens vieille. » Mais « Je vais devoir choisir. » Parce que le temps n'est pas extensible. Et paradoxalement, cette prise de conscience me donne davantage envie d'avancer que de ralentir.
Alors, trop vieille pour certaines choses ?
Ça aussi, je trouve ça assez drôle.
À 49 ans, j'ai peut-être plus d'audace qu'à 30
À 30 ans, je me sentais pleine de possibilités. Mais aujourd'hui, j'ai peut-être davantage d'audace. Pourquoi ? Parce que je sais davantage ce que je veux. J'ai moins envie de perdre du temps à hésiter sur des choses qui, finalement, ne méritent pas tant d'hésitation. Je vais parler à cette personne. Je vais poser cette question. Je vais tenter ce projet. Je vais écrire cet article. Je vais raconter publiquement mon fucking bidou, mes règles, mes nuits pourries et mes interrogations sur la féminité à des inconnues sur Internet. Visiblement, la timidité a pris quelques congés.
Alors oui, mon corps me rappelle parfois que je n'ai plus 20 ans. Oui, Périménop' a décidé de faire quelques travaux sans déposer de permis de construire. Oui, je dois désormais réfléchir à la date de mes soirées si je veux être opérationnelle avant le lundi matin. Mais il y a aussi tout ce que ces années m'ont apporté : l'expérience, la connaissance de moi, la capacité à savoir ce que je veux. Et cette envie de plus en plus forte de ne pas perdre du temps avec ce qui ne compte pas.
Ce que je préfère choisir
Finalement… je ne crois pas. Je ne suis peut-être pas trop vieille pour faire une soirée jusqu'à 3 heures du matin. Je dois simplement prévoir deux jours pour m'en remettre. Je ne suis pas trop vieille pour commencer un nouveau projet, je dois simplement accepter que je ne pourrai probablement pas mener simultanément les 48 idées qui circulent dans mon cerveau. Je ne suis pas trop vieille pour aller vers les autres : au contraire, je sais maintenant davantage pourquoi j'y vais. Et je ne suis certainement pas trop vieille parce que Périménop' a décidé de s'installer chez moi.
La périménopause n'est pas une entrée officielle dans la vieillesse. C'est une transition physiologique. Une étape. Qui peut être légère pour certaines femmes, franchement pénible pour d'autres et probablement un mélange des deux pour beaucoup. Moi, je suis quelque part là-dedans. Avec une tête qui revendique toujours la trentaine. Un corps qui me rappelle parfois que ma date de naissance n'est pas négociable. Des ovaires qui préparent manifestement leur plan de départ. Et une quantité absolument déraisonnable de projets pour les prochaines années.
Alors, à 49 ans, suis-je trop jeune pour être vieille ? Je ne sais même pas vraiment à quel moment on devient « vieille ». Et finalement, je crois que je m'en fiche. Ce que je sais, en revanche, c'est que je ne veux pas passer les prochaines années à compter celles qui sont déjà derrière moi. Je préfère choisir ce que je vais faire de celles qui sont devant. Et si possible avec suffisamment d'énergie pour continuer à foncer. Quitte à rentrer de soirée un peu plus tôt. Enfin… on verra. Faut pas non plus prendre des décisions radicales sous prétexte qu'on approche de 50 ans.
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