Vingt-cinq ans d'expertise en nutrition n'avaient pas suffi : il aura fallu ma propre périménopause pour que je comprenne autrement ce que mes patientes me disaient depuis toujours. Ce témoignage de diététicienne raconte ce que 25 ans de métier n'avaient pas encore appris à une professionnelle de la nutrition pour femmes de 50 ans.
Il y a une phrase que j'ai entendue des dizaines, probablement des centaines de fois en consultation : « Je sais ce qu'il faudrait faire… mais je n'y arrive pas. » Je la connaissais par cœur. Je l'écoutais. Je la respectais. Je pensais même la comprendre.
Après tout, cela fait plus de 25 ans que je suis diététicienne-nutritionniste. J'ai accompagné beaucoup de femmes, j'ai travaillé sur le comportement alimentaire, la nutrition, l'activité physique, les émotions, les changements d'habitudes. Je sais depuis longtemps qu'entre savoir et faire, il existe parfois un gouffre. Je sais que donner une liste de conseils ne suffit pas à modifier un comportement. Je sais aussi que la volonté n'explique pas tout. Bref, je savais.
Et puis j'ai eu 49 ans. Périménop' a posé ses valises. Et un jour, en repensant à toutes ces femmes qui m'avaient dit « Je sais ce qu'il faudrait faire mais je n'y arrive pas », je me suis fait une réflexion assez inconfortable. Peut-être que je ne comprenais pas vraiment. J'imaginais comprendre. Et ce n'est pas tout à fait la même chose.
Comprendre quelqu'un et vivre ce qu'il vit, ce n'est pas la même chose
Attention, je ne suis pas en train de vous raconter qu'avant ma périménopause, j'étais une diététicienne perchée sur sa chaise qui distribuait des plans alimentaires à des femmes en leur demandant de revenir lorsqu'elles auraient enfin décidé d'être raisonnables. Pour comprendre pourquoi cette période mérite qu'on s'y attarde vraiment, j'y consacre d'ailleurs un dossier complet sur les symptômes de la périménopause, tant les manifestations varient d'une femme à l'autre. L'écoute faisait déjà partie de mes bagages.
L'écoute faisait déjà partie de mes bagages
Lorsque quelqu'un me disait qu'il n'y arrivait pas, je n'avais pas pour habitude de répondre « Eh bien faites un effort, Madame. » Heureusement. J'essayais de comprendre. J'imaginais souvent qu'il existait un frein émotionnel, parfois un besoin de contrôle, des habitudes auxquelles la personne avait besoin de se raccrocher, une alimentation utilisée pour réguler certaines émotions, une organisation compliquée, une histoire personnelle. Et probablement tout cela était-il parfois vrai. Mes conseils nutritionnels étaient sans doute eux aussi parfaitement valables.
On aime les solutions, et on oublie parfois de s'asseoir devant le mur
Mais aujourd'hui, je me pose une autre question : est-ce que j'écoutais toujours suffisamment avant de chercher comment aider ? Parce que lorsqu'on est professionnel de santé, on a un défaut assez pratique : on aime les solutions. La personne nous présente une difficulté et notre cerveau commence immédiatement à travailler. Alimentation, sommeil, activité physique, organisation, comportement alimentaire : on cherche les leviers, on réfléchit à ce qu'on pourrait modifier. Et parfois, avec nos gros sabots de professionnels bien intentionnés, on oublie peut-être une étape. S'asseoir cinq minutes devant le mur avec la personne.
Parfois, le corps part juste en cacahuète
C'est probablement l'une des choses que je comprends différemment aujourd'hui. J'en avais d'ailleurs parlé plus en détail dans l'article sur cette place folle que le corps prend dans nos pensées , où je racontais toutes ces petites notifications corporelles qui finissent par occuper l'espace mental.
Le réflexe de tout vouloir reprendre en main tout de suite
Lorsque plusieurs choses commencent à changer en même temps, on a envie de reprendre le contrôle. Très vite. Fatigue ? Il faudrait mieux dormir. Moins de force ? Il faudrait faire du renforcement musculaire. Alimentation un peu désorganisée ? Il faudrait restructurer les repas. Moins d'énergie ? Regardons les apports. Moral en dents de scie ? Prenons soin de notre santé mentale. Et tout ça peut être parfaitement pertinent.
Accepter que ce soit compliqué maintenant
Mais il manque parfois une première étape : accepter qu'en ce moment, notre corps parte un peu en cacahuète. Pas pour toujours, pas pour renoncer à agir. Juste reconnaître : « OK. En ce moment, c'est compliqué. Et c'est OK si je n'arrive pas à tout remettre en ordre immédiatement. » La périménopause est une période de transition qui peut durer plusieurs années et dont l'expérience varie énormément d'une femme à l'autre ; fatigue, perturbations du sommeil, irritabilité, difficultés de concentration ou changements d'humeur peuvent notamment être présents. Donc quand une femme me dit aujourd'hui « Je ne comprends pas. D'habitude, j'y arrive. », je l'entends autrement.
Parce que moi aussi, je sais ce qu'il faudrait faire
Prenons l'activité physique. Je sais parfaitement ce que je devrais faire : je suis diététicienne-nutritionniste spécialisée notamment en nutrition du sport, je connais les bénéfices de l'activité physique, je sais l'intérêt du renforcement musculaire en avançant en âge. Sur ce sujet du jugement qu'on porte trop vite sur un corps qui change,j'étais déjà revenue sur l'expression « elle s'est laissée aller » , qui résume bien mieux le problème que je vais vous raconter maintenant.
Le dossier salle de sport, toujours ouvert
J'ai une salle de sport. Sur le papier, le dossier devrait être réglé. Sauf que… je n'arrive toujours pas vraiment à retrouver cette putain de salle de sport. Voilà. Vous pourrez noter qu'un diplôme de diététicienne ne permet manifestement pas de se téléporter jusqu'à une machine de musculation. Est-ce que je manque de volonté ? Non. Cette histoire de volonté m'a toujours dérangée. C'est tellement facile de dire à quelqu'un « Vous manquez de volonté. » Ça explique tout. Et surtout, ça évite de chercher plus loin.
Le tour du pâté de maisons plutôt que rien
Moi, je veux retourner à la salle. Je sais pourquoi ce serait intéressant, je sais quoi y faire. Et pourtant, actuellement, la marche est parfois trop haute. Alors de temps en temps, j'enfile mes baskets, je sors, et je fais le tour du pâté de maisons. Est-ce une séance de renforcement musculaire parfaitement structurée ? Non. Est-ce que c'est mieux que de rester assise en culpabilisant de ne pas être allée à la salle ? Carrément.
Peut-être qu'il faut commencer par arrêter d'en faire une montagne
C'est probablement ce que je répondrais aujourd'hui à une femme qui arriverait dans mon cabinet en me disant « Je suis crevée. » « J'ai pris du ventre. » « Je sais que je devrais mieux manger. » « Il faudrait que je fasse du sport. » « Je commence et trois jours après j'abandonne. » « Je n'ai aucune volonté. » Ma première réponse serait probablement « Je vous comprends tellement. Je vis la même chose. » Et ensuite « On ne va pas en faire une montagne. » Parce que parfois, rien que la représentation de ce qu'il faudrait faire nous épuise avant même d'avoir commencé.
Ce que « manger mieux » déclenche dans la tête
Prenons l'alimentation. Une femme me dit « Il faudrait que je mange mieux. » Très bien. Mais qu'est-ce que son cerveau entend derrière manger mieux ? Faire des menus ? Acheter uniquement des produits frais ? Préparer tous ses repas maison ? Cuisiner des légumes tous les soirs ? Passer son dimanche à faire du batch cooking ? Préparer douze petits bocaux parfaitement alignés dans son réfrigérateur ?
Manger équilibré ne signifie pas devenir cordon bleu
Non. Personne ne vous a demandé de devenir cordon bleu parce que vous êtes en périménopause. Si vous êtes fatiguée, on peut aussi regarder ce qui existe déjà : des aliments pratiques, des surgelés, des conserves, des aliments prêts à consommer ou demandant peu de préparation, des assemblages simples. Et se poser deux questions : est-ce que ça me plaît ? Est-ce que cela contribue à répondre à mes besoins ? Puis manger. Parce que si « prendre soin de son alimentation » devient une nouvelle mission à temps plein, il est assez probable que votre cerveau dépose rapidement un préavis de grève.
Une montagne ne se gravit pas de front
Cette image me plaît beaucoup. Imaginez une montagne, vous êtes en bas, et quelqu'un vous dit « Voilà. Montez. Tout droit. » Bon courage. Alors qu'un chemin de montagne fait rarement ça : il serpente, il contourne, il monte progressivement, il fait des lacets. Et parfois, il donne même l'impression qu'on s'éloigne du sommet alors qu'on continue pourtant d'avancer.
Le chemin qui serpente plutôt que la ligne droite
Avec les changements d'habitude, j'essaie de faire pareil. Mes patientes me demandent souvent du concret ; alors oui, je leur donne du concret, mais avec de la flexibilité.
La question que je pose différemment maintenant
Et à la fin, je peux demander : « Parmi toutes les choses que nous avons évoquées, qu'est-ce qui vous paraît le plus facile à mettre en place et que vous ne faites pas actuellement ? » Pas « Qu'est-ce qui serait le plus efficace ? » Pas « Quelle est votre plus grosse erreur ? » Pas « Quel est le truc le plus difficile qu'il faudrait absolument changer ? » Le plus facile. Et on commence là. On donne un peu de confort au cerveau, parce qu'une petite action réellement effectuée me paraît souvent beaucoup plus intéressante qu'un magnifique programme optimal abandonné mercredi prochain.
Périménop' m'a même fait planifier
Et là, pour ceux qui me connaissent, nous entrons dans le paranormal. Je planifie mes journées. Oui. Moi. La femme qui déteste planifier. J'écris aussi des romans et même pour ça, j'ai énormément de mal à réaliser ce qu'on appelle un chapitrage. Vous imaginez donc mon amour naturel pour les tableaux dans lesquels chaque chose doit se produire à une heure précise.
Découper en toutes petites tâches
Sauf qu'en ce moment, j'ai beaucoup de projets : mon activité de diététicienne, mes autres activités professionnelles, mes romans, et un cerveau qui, certains jours, décide manifestement de fonctionner avec 38 onglets ouverts simultanément. Habituellement, cela ne me pose pas tant de problèmes. En ce moment, je me trouve moins performante. Alors j'ai changé quelque chose. Je découpe. En toutes petites tâches.
Laisser davantage de temps, pas pour être plus productive
Et surtout, je prévois beaucoup plus de temps que nécessaire pour chacune d'elles. Pas pour devenir plus productive. Presque l'inverse : pour pouvoir mettre davantage de pauses dans ma journée, pour éviter d'embuer mon cerveau. Parce que lui aussi, de temps en temps, il pète un plomb. Et vous savez quoi ? Finalement, je fais ce que j'avais prévu. Simplement, je ne cherche plus forcément à le faire de la même manière qu'avant.
« Je ne me reconnais plus »
Il y a une autre phrase que j'entends désormais différemment. « Je ne me reconnais plus. » Celle-là, aujourd'hui, quand une patiente me la dit… je la bichonne. Parce que je sais davantage ce qu'elle peut contenir.
Cette consultation où je bouillais intérieurement
Il n'y a pas très longtemps, j'ai vécu une consultation assez particulière. Pas pour ma patiente. Pour moi. Ma patiente rencontrait des difficultés. Et moi, intérieurement… je bouillais. J'étais impatiente. Pas extérieurement : je suis professionnelle et ma patiente n'a rien vu. Je continuais à écouter, à répondre, à accompagner. Mais intérieurement, je devais lutter pour ne pas laisser apparaître mon impatience. Et cette consultation m'a profondément fatiguée. En sortant, je me suis vraiment demandé « Mais qu'est-ce qui m'arrive ? » Je mettais ça sur le compte de la fatigue. Mais j'ai presque culpabilisé. Pas d'avoir mal accompagné ma patiente, elle n'avait rien vu. J'ai culpabilisé de ne pas être moi.
D'habitude, je suis patiente
C'est peut-être ça qui est déstabilisant : quand quelque chose change dans une capacité que nous considérions presque comme une partie de notre identité. D'habitude, je suis patiente. D'habitude, je suis dynamique. D'habitude, j'arrive à m'organiser. D'habitude, je gère. D'habitude, ça ne me demande pas autant d'efforts. Et tout à coup : d'habitude ne fonctionne plus très bien. C'est aussi pour cela que je bichonne davantage le « Je ne me reconnais plus. » Parce que je sais maintenant combien cette sensation peut être perturbante. Et non, cela ne signifie pas que chaque changement de caractère ou chaque moment d'impatience à 49 ans est causé par les hormones ; la périménopause peut s'accompagner chez certaines femmes d'irritabilité, de fatigue, de troubles du sommeil, de changements d'humeur ou de difficultés de concentration, et un sommeil perturbé peut lui-même majorer fatigue, irritabilité et difficultés cognitives. Mais notre état dépend évidemment aussi de notre contexte de vie, de notre santé et de bien d'autres facteurs. Moi, je peux seulement dire ce que j'observe : certains jours, j'ai moins de ressources qu'avant. Et cela peut modifier ma façon de réagir.
Parce que Périménop' ne vit pas toute seule
Il y a quelque chose dont on parle peut-être moins lorsqu'on évoque la périménopause : nous ne vivons pas seules sur une île. Il y a les conjoints, les enfants, les amis, les collègues, les patients, les gens qu'on aime, et éventuellement quelques cons, mais ceux-là ne sont pas spécifiques à la périménopause.
Dire aussi à nos proches ce qui est en train de changer
Lorsque nous sommes plus fatiguées ou irritables, cela peut forcément se répercuter sur nos relations. Un mot part plus vite, une réponse est plus sèche, quelque chose qui aurait glissé un autre jour nous agace profondément. Et parfois, les mots peuvent dépasser notre pensée. Puis arrive la culpabilité : « Pourquoi j'ai réagi comme ça ? » « Je ne suis pas comme ça normalement. » « Qu'est-ce qui m'arrive ? » Alors pour moi, la base reste la même : communiquer.
J'ai de la chance. Mon entourage ne m'oppresse pas avec les changements que je traverse ; je ne subis pas de remarques désagréables sur mon corps, je n'ai pas à supporter le regard douteux de mon conjoint sur mon ventre ou les transformations que je peux observer. Et j'en ai parfaitement conscience : toutes les femmes ne vivent probablement pas cette période dans le même environnement. C'est d'ailleurs une raison supplémentaire pour laquelle mon expérience ne me donne aucun droit de dire « Maintenant, je sais ce que vivent les femmes en périménopause. » Non. Je sais ce que moi, je vis. Et cela me permet de comprendre autrement certaines choses. L'Organisation mondiale de la Santé rappelle d'ailleurs que la périménopause peut affecter le bien-être physique, émotionnel, mental et social, et que l'expérience de cette transition varie d'une femme à l'autre.
Alors parler à son entourage me semble essentiel. Pouvoir dire « En ce moment, je suis plus fatiguée. » « Je remarque que j'ai parfois moins de patience. » « Aujourd'hui, je sens que ça va être une journée un peu compliquée. » Pas pour annoncer « Attention, Périménop', j'ai officiellement le droit d'être chiante jusqu'à nouvel ordre. » Ça ne fonctionne pas comme ça. Mais simplement pour permettre à l'autre de comprendre que tout ne lui est pas destiné.
Et parfois, laisser passer la vague à l'âme
Quand je sens qu'une journée risque d'être un peu irritante, je trouve aussi intéressant de pouvoir prendre un moment pour moi. S'isoler un peu, respirer, marcher, faire autre chose. Ne pas forcément lancer à ce moment précis la grande conversation familiale qui attend depuis six mois. Juste… laisser passer la vague à l'âme. Il y a peut-être aussi quelque chose à accepter ici : toutes les sensations et toutes les émotions n'ont pas besoin d'être corrigées immédiatement. Parfois, une vague arrive. On peut essayer de comprendre pourquoi, on peut apprendre à mieux naviguer. Mais on peut aussi éviter de paniquer parce qu'elle est là. Et attendre qu'elle passe.
Je pensais comprendre. Aujourd'hui, je comprends autrement.
Finalement, ma périménopause n'a pas révolutionné toutes mes convictions professionnelles. Je ne me suis pas réveillée à 49 ans en découvrant soudainement que les femmes avaient besoin d'être écoutées, je le savais. Je ne viens pas non plus de découvrir que la volonté était une notion beaucoup trop simpliste, je le pensais déjà. Je travaillais déjà avec la flexibilité, j'adaptais déjà mes conseils, je cherchais déjà à comprendre les freins.
Ce que je savais déjà professionnellement
Mais il y a une différence immense entre connaître quelque chose professionnellement et le ressentir dans son propre corps. Je savais que la fatigue pouvait compliquer le passage à l'action. Je savais qu'une personne pouvait se sentir dépassée. Je savais qu'une femme pouvait dire « Je ne me reconnais plus. »
Ce que je sais maintenant, ressenti dans mon propre corps
Maintenant, je sais ce que cela
fait de regarder sa salle de sport en sachant parfaitement pourquoi on devrait
y aller… et de faire finalement le tour du pâté de maisons. Maintenant, je sais
ce que cela fait de planifier des tâches minuscules et de leur laisser
volontairement beaucoup trop de temps parce que mon cerveau a besoin de
respirer. Maintenant, je sais ce que cela fait de sortir d'une consultation en
me demandant pourquoi j'ai dû déployer autant d'énergie simplement pour rester
aussi patiente que d'habitude. Alors oui, aujourd'hui, certaines phrases de mes
patientes résonnent autrement.
Peut-être que je n'ai pas besoin de vous pousser davantage
Peut-être que lorsque vous me dites « Je sais ce qu'il faudrait faire, mais je n'y arrive pas », la première chose à faire n'est pas de vous expliquer encore mieux ce qu'il faudrait faire. Vous le savez peut-être déjà très bien. Peut-être faut-il d'abord regarder ensemble ce qui est possible aujourd'hui.
Chercher le petit chemin, pas la montagne de front
Pas dans votre vie idéale. Pas lorsque vous aurez retrouvé toute votre énergie. Pas quand vous aurez enfin huit heures de sommeil, trois créneaux de sport par semaine et une heure quotidienne pour cuisiner. Aujourd'hui. Avec votre fatigue, votre travail, votre famille, votre sommeil, votre charge mentale, votre humeur, votre Périménop'. Et votre cerveau qui, lui aussi, a parfois envie de dire « Vous pouvez arrêter de m'ajouter des trucs, bordel ? »
Alors on fait quoi ? On cherche le petit chemin. Celui qui ne monte pas la montagne de front. Celui qui fait un lacet, puis un autre. Aujourd'hui, ce sera peut-être acheter trois solutions simples pour vos repas de la semaine. Demain, marcher dix minutes. Une autre fois, vous coucher plus tôt. Et certains jours ? Peut-être que la réussite sera simplement de ne pas vous culpabiliser de n'avoir rien fait de tout ça.
Aujourd'hui, j'ai envie de vous proposer autre chose
Si je retrouvais aujourd'hui une femme que j'ai accompagnée il y a quelques années et qui m'avait dit « Je sais ce qu'il faudrait faire, mais je n'y arrive pas », je ne crois pas que je chercherais immédiatement une nouvelle solution. Je lui dirais plutôt « Écoutez, je vous propose qu'on avance ensemble, main dans la main. » Qu'on partage un peu nos quotidiens, nos difficultés, nos jours où ça fonctionne, nos jours où rien ne fonctionne, nos petites réussites face à ces difficultés.
Je resterais la
professionnelle, bien sûr : mon expérience personnelle ne remplace ni mes
connaissances, ni mon expertise, ni la nécessité d'un accompagnement adapté à
chaque femme. Mais peut-être qu'aujourd'hui, entre elle et moi, il y aurait
quelque chose en plus. Je ne lui dirais pas « Je sais exactement ce que vous
ressentez. » Parce que ce serait faux : chacune vit cette période avec son
corps, son histoire, son entourage, sa santé et ses propres difficultés. Je
pourrais simplement lui dire « Je crois que je comprends un peu mieux ce mur
dont vous me parliez. » Et puis regarder la montagne avec elle. Pas pour
lui dire de foncer tout droit vers le sommet. Mais pour chercher ensemble le
premier petit chemin. Celui qui lui paraît praticable aujourd'hui. Et commencer
par là. Main dans la main.
correction et mise en page IA
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