Alimentation et endométriose : Définition, qu’est-ce que c’est ?

Peu de données scientifiques font le lien avec l’alimentation et l’endométriose. Par contre, on recueille beaucoup d’éléments fournis par les patientes atteintes de la maladie en question. Parallèlement, le diagnostic prend du temps avant d’être clairement posé. Cette article a pour but de mettre en avant ce que nous savons, et ce que nous pouvons mettre en place pour améliorer le quotidien de ces femmes, trop nombreuses à souffrir en silence. (Il est à noter que d’autres processus ou recherches sont en cours dans ce même sens)

L’endométriose, qu’est ce que c’est ?

Il s’agit d’une maladie gynécologique hormono-dépendante et inflammatoire.
L’endométriose est définie par la présence d’une substance qui se met là où elle ne devrait pas, en dehors de l’utérus par exemple.
Le nombre des personnes atteintes est difficilement chiffrable, car même si certaines femmes connaissent douleurs et infertilités, d’autres sont complétement asymptomatiques.
Selon les professionnels, il y aurait un facteur héréditaire. L’idée des perturbateurs endocriniens fait également son chemin.

Pourquoi tant de mal avec cette maladie ?

Localisation de l’endométriose et influx nerveux anormalement modulé renvoient une perception de la douleur importante au niveau du cortex cérébral. Cette douleur, intense et quasi-permanente pour certaines, entraine une vie complétement inconfortable, fait souffrir en silence sans permettre de pouvoir profiter pleinement du quotidien. Par ailleurs :
Sans oublier la douleur à l’annonce de la difficulté, voire l’impossibilité de porter la vie.
Sans oublier la dimension psychologique que cela prend au vu des examens:

  • l’IRM ( avec le fameux lavement)
  • la coloscopie et tant d’autres.

Cette douleur mentale qui fait de notre vie un état presque névrotique: tendue, nerveuse, lunatique.
La faute à l’endométriose.

Les facteurs de risque de la maladie endométriose

  • L’alcool :
    c’est pas tant un facteur de risque qu’une conséquence de la maladie.Les données relevées montrent une consommation d’alcool bien présente qui serait due à la douleur voire de l’état dépressive de certaine patiente.
  • Les menstruations :
    certaines études ont montré un volume menstruel plus important et un cycle court chez les femmes atteintes d’endométriose.
    D’autres facteurs de risque sont encore à l’étude, comme l’hérédité.

Les signes de l’endométriose:

Les signes répertoriés pour l’endométriose sont :

  • les dysménorrhées : ces douleurs pré/ post -menstruelles sont significatifs de la présence d’endométriose,
  • la douleur à la défécation,
  • le trouble digestif : constipation/ diarrhée, soulagement par émission de gaz, on parle du syndrome du côlon irritable,
  • les signes fonctionnels urinaires comme une envie pressante d’uriner, une augmentation de la fréquence…
  • les douleurs présentes plusieurs heures, voire plusieurs jours après l’acte sexuel,
  • les douleurs dues à un effleurement, un contact même avec un vêtement.

Endométriose et traitements

Peut on parler de traitements? Il s’agirait plutôt de thérapies en vu de diminuer l’apparition des douleurs afin d’avoir un meilleur confort de vie, de bien-être.

  • l’acupuncture: selon une seule étude, cette médecine améliorerait l’intensité de la douleur et de ce fait la qualité de vie des femmes touchées par l’endométriose, notamment à partir de la 4ème semaine de traitement à raison de 2 séances par semaine,
  • la neurostimulation transcutanée à haute fréquence a eu de bons résultats pour soulager la douleur pelvienne mais reste à l’étude, car certaines sont contradictoires,
  • L’ostéopathie serait également une bonne piste pour optimiser la dimension physique et psychologique de la qualité de vie des patientes,
  • Les Thérapies cognitivo-comportemenrales (TCC) et les thérapies d’accompagnement et d’acceptation paraissent une voie intéressante pour surmonter toute cette dimension psychologique que la maladie engendre,
  • l’hypnose, la relaxation, la méditation pleine conscience pourraient avoir un effet bénéfique sur la prise en charge de la douleur, l’anxiété et la qualité de vie.

Endométriose et activité physique

Des études épidémiologiques ont montré une corrélation inverse entre la pratique de l’activité physique et l’apparition de l’endométriose.
Quoi qu’il en soit, l’activité physique, comme dans bien des pathologies agit essentiellement sur le bien-être et le mental.
Les activités dites douces comme le Taichi, yoga ou qigong ont été étudiées dans la prise en charge de la douleur et ont eu un impacte positive. Il en est de même pour la pratique de la marche ou le vélo-plaisir.
Par contre, en période de crise, il est essentiel de se reposer.

Il est impératif de consulter votre spécialiste gynécologique pour le diagnostic et les traitements.

alimentation et endométriose

Même s’il n’existe pas d’essais cliniques mettant en lien l‘alimentation et l’endométriose, il existe toute fois des études de « cas-témoins » relatant certains faits comme par exemple :

  • un lien entre la consommation de perturbateurs endocriniens dont certains peuvent s’accumuler dans la graisse animale et la maladie, il est donc essentiel de bien choisir ses apports en graisse. Limiter la consommation de viande apportant une certaine quantité de graisse et favoriser les graisses végétales que l’on trouve dans les huiles comme l’huile de colza par exemple,
  • une corrélation entre l’endométriose et le syndrome du colon irritable. Le diagnostic du syndrome doit être fait en écartant tout autre maladie, MICI. (où l’on incrimine à tord le gluten alors qu’il s’agit de la présence d’oligosaccharides à l’origine d’une malabsorption)
  • une augmentation de l’activité œstrogénique est observée chez les personnes en surpoids, obésité.

Bref, parlons mieux, parlons alimentation :
Avec tout ceci, beaucoup de personnes sont un peu perdus, ce qui marche pour l’une ne marche pas forcément pour l’autre.
Si j’en appelle à mon bon sens, une alimentation adaptée à cette maladie qu’est l’endométriose sera une alimentation qui limitera les douleurs pour enfin connaître plus de confort.
Il s’agit d’une alimentation qui laisse une large place aux végétaux, non pas végétarienne mais plutôt réfléchie en adéquation en plus avec l’écologie, et également avec une programmation d’un programme alimentaire pauvre en fodmaps celui -même qui va avoir un impact sur la consommation de produits laitiers.
Certains vous diront de ne pas prolonger plus d’un mois ce programme pour éviter de modifier la flore intestinale, or elle l’est déjà à partir du moment où vous en souffrez.
Pour vous aider dans cette démarche, n’hésitez pas à vous rapprocher des professionnel(le)s formé(e)s, comme moi-même par exemple.

Source: HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles / décembre 2017

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