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La dépendance au sucre info ou intox ?

J’entends de plus en plus des personnes entrer dans mon cabinet me parler de leur « dépendance au sucre » , et de ce fait l’impact que cela peut avoir sur leur poids, voire leur frein à cette perte de poids.
Elles souhaitent vivement pouvoir contrôler cet apport en sucre, voire l’éliminer, mais pour la plus part cela reste très compliqué. Et cette même volonté devient un véritable problème mettant en scène des stratégies, et autres méthodes pour renoncer à la consommation de ce sucre maudit.
Avec cette constatation, il me parait nécessaire de prendre un peu de recule afin de vous permettre d’améliorer cette relation qui semble toxique à vos yeux, mais qui n’en est rien.
Même si la dépendance peut exister, le fait de la diaboliser n’arrangeront pas vos petites affaires de tenter de perdre du poids. Je vous propose de voir ensemble quels sont les mécanismes déclencheurs à l’origine de cette envie de sucre afin que vous puissiez en réguler votre consommation.

Au commencement de l’addiction : le plaisir

Le plaisir

Il est à mon sens intéressant de superposer la notion « d’addiction au sucre » et de « plaisir » car bien souvent ce besoin irrésistible de sucre peut être en prime abord associer au plaisir.
D’ailleurs, ne dites vous pas, «  je craque pour des petits plaisirs », ou il faut bien se faire plaisir » et pour une grande partie d’entre vous, lorsque vous évoquez ces plaisirs, ceux sont souvent des aliments sucrés.

L’acte de manger

L’action de manger a une fonction triple pour soi :
– Amener les nutriments nécessaire pour satisfaire notre besoin énergétique, et notre besoin non-énergétique afin de faire en sorte que notre organisme fonctionne de manière optimisée pour garder la santé
-satisfaire nos émotions, nos sentiments et nous permettre de mieux les réguler
-et au travers de toute la symbolique que l’aliment représente, intervient dans toute la sphère relationnelle.

La relation entre l’acte de manger et le plaisir

Le fil conducteur de ces trois étapes est le plaisir qui intervient à chaque fois.  Si je ne prends pas plaisir au moment de me nourrir pour dite de me nourrir, le risque est que je succombe plus tard ou juste après le repas à un aliment que j’aurais diabolisé au passage pour me satisfaire d’une part en réajustant inconsciemment la part calorique qui me manquait, ainsi que la satisfaction de mes papilles et la joie qu’il me procure, sans oublier ce souvenir que j’en avais lorsque ma relation avec mon alimentation était plus saine.
gout sucré

L’origine de la dépendance au sucre : qu’en est-elle ?

Et si elle commençait dès notre plus jeune âge ?

L’attirance pour le goût sucré commence à la naissance, enfin même in-utéro grâce à la baignade permanente dans le glucose du liquide amniotique.  Puis au fur et à mesure, l’enfant se familiarise au goût sucré par l’exposition répétée d’un aliment. ( on voit ici l’importance de varier son alimentation dès le plus jeune âge). Le comportement en tant qu’adulte envers son enfant en adoptant un système de récompense ou de chantage avec des aliments sucrés va la aussi renforcer son attirance pour ce goût.

Et à l’âge adulte, comment cela marche ?

Les déficits caloriques

Lorsque j’évoque le déficit calorique, on pense tout de suite aux régimes hypocaloriques pour perdre du poids, ceux mêmes qui perturbent notre estime de soi, mais il arrive que l’on soit en déficit calorique lorsque l’on pratique le jeune intermittent ou que l’on est une alimentation particulière suite à des allergies ou intolérances qui nous amènent à une mauvaise régulation de l’alimentation pour satisfaire nos besoins énergétiques par une assiette équilibrée.
Pour rappel, l’alimentation est et reste notre carburant. Si nous consommons moins de calories que notre corps a besoin, celui-ci va être en demande à un moment donné à cause du stress que cela lui engendre « de manquer ». Le manque d’énergie se fait ressentir par votre corps ( parfois, vous choisissez de ne pas l’écouter et vous tenez encore quelques jours), et vous craquez en « mangeant tout et n’importe quoi » dont des aliments sucrés.
Et même si vous résistez et optez pour des produits dits lights, ceux-ci restent avec une saveur sucrée. Et l’envie de sucre reste gravé dans votre tête.

Le fameux syndrome prémenstruel

Pour les femmes, il y a en plus ce fameux syndrome prémenstruel qui nous déstabilise- La faute aux hormones-. Et l’un des signaux qui en est impacté, c’est la faim avec son attirance pour le sucre.
Apprendre à connaitre son corps permet de mieux gérer ses envies, et réguler sa faim. Parfois, il sera nécessaire d’augmenter son volume alimentaire sur les repas pour éviter ses envies de sucre entre les prises alimentaires.
Tentez de voir combien de temps cette phase dure pour ajuster ses besoins pendant cette période.

Qu’en est-il de l’alimentation émotionnelle ?

Souvent liée au stress, à la fatigue, l’alimentation émotionnelle se traduit par une prise de produits sucrés en guise de réconfort. On plonge facilement dans le besoin d’une sensation agréable que procure ces petites gourmandises. Malheureusement, ce sentiment n’est qu’un bref passage rapide, le temps de manger l’aliment. L’inconfort émotionnel réapparait aussi vite.
Il s’agit là de travailler sur la cause de ce stress, de cette fatigue.

sucre, source de plaisir

Le sucre source de plaisir pour beaucoup d’entre nous, mais est-ce dû à son goût sucré ?

La force de l’habitude peut aussi nous amener à une dépendance au sucre, juste le fait de « s’obliger » de finir par une touche sucrée son repas qu’il soit édulcoré ou non alors que l’on est plus faim, comme un dernier plaisir. Mais est-ce vraiment dû à son pouvoir sucré ?
La science nous en dit plus.
Une imagerie médicale du cerveau a permis d’observer que sous glucose, l’hypothalamus répondait, alors qu’il ne réagissait pas sous édulcorant ( ne venez pas à consommer des produits édulcorés pour autant, ils font des dégâts aussi bien au niveau du foie, qu’au niveau du pancréas).
Le glucose activerait le système de récompense dans le cerveau.
Toutefois, il faut noter que ce phénomène déclenché ici par le glucose, se fait aussi sur des personnes à jeun, juste avec l’évocation d’aliments plaisirs, ceux qu’ils préfèrent.

On revient de ce fait sur cette notion de plaisir.  Le cerveau pour nous permettre de réguler ses besoins énergétiques nous pousse vers une régulation de prise alimentaire agréable.
C’est pourquoi aujourd’hui, il est nécessaire de mieux redéfinir la notion de plaisir.
En effet, actuellement, pour la plupart des personnes «  se faire plaisir » en mangeant est synonyme de consommation de produits alimentaires sucrés, ou gras. Alors, que si l’on éduque son palet, on peut très bien se régaler sur chaque prise alimentaire du quotidien, et prendre du plaisir à chaque bouchée tout en ayant face à soi un repas dit « équilibré ».