Laëtitia Knopik  Blog diététique-nutrition  Assiette et santé : Cela passe aussi par là : Comprendre la malbouffe

Assiette et santé : Cela passe aussi par là : Comprendre la malbouffe

Tous les spécialistes de la médecine ainsi que celles et ceux qui pratiquent une bonne méthode de coaching diététique s’accordent à dire que celle-ci est une aide, mais ne peut pas forcément tout réaliser. En effet, la partie prévention est finalement propre à chacun et surtout propre au fait de l’importance qu’on lui donne mais elle permet par nature de nous préparer à moins subir les maladies, les aggravations quelconques, les accidents… Ces dispositions ne font pas forcément sens dans le domaine de la santé, notamment concernant l’alimentation. En effet, on peut entendre certains usagers de la malbouffe prononcer les fameux mots : « il faut bien mourir de quelque chose ».

La malbouffe : Une petite définition

La malbouffe, un terme couramment utilisé depuis une trentaine d’années, fait référence à une manière de s’alimenter néfaste tant sur le plan diététique que nutritionnel. Ce concept a été introduit par Stella et Joël de Rosnay, un scientifique renommé. Dans leur analyse, les Rosnay ont mis en lumière l’impact négatif de cette nouvelle façon de s’alimenter sur l’organisme, notamment l’apparition d’hyperglycémies et des maladies cardiovasculaires. Ils ont observé que les habitudes alimentaires se transformaient, influencées par une industrie alimentaire en pleine expansion, offrant des produits transformés, riches en sucre, en graisses et en additifs chimiques. Cette alimentation, loin des standards de nutrition saine, a des répercussions sur la santé publique et individuelle, entraînant une hausse notable des maladies chroniques.

Aujourd’hui, le concept de malbouffe est encore plus étendu et englobe non seulement les risques de maladies cardiovasculaires et d’hyperglycémies, mais aussi l’obésité, le diabète, certains cancers et même les dépressions. Les produits de la malbouffe sont souvent caractérisés par leur haute densité énergétique et leur faible valeur nutritionnelle. Ils sont riches en calories, sucres ajoutés, graisses saturées et sel, mais pauvres en vitamines, minéraux et fibres. Ces produits comprennent les fast-foods, les snacks sucrés et salés, les sodas, et de nombreux plats préparés. La consommation excessive de ces aliments perturbe le métabolisme et conduit à des déséquilibres nutritionnels graves.

Il est important de noter que toutes les personnes souffrant d’obésité ne sont pas nécessairement des consommateurs réguliers de malbouffe. L’obésité est une condition complexe influencée par divers facteurs, incluant la génétique, le métabolisme, le comportement alimentaire, et les facteurs environnementaux. De nombreuses personnes obèses souffrent en réalité de malnutrition, présentant un déficit calorique et des carences en micronutriments essentiels. Cette malnutrition peut résulter de la consommation d’aliments à faible valeur nutritionnelle, qui ne fournissent pas les nutriments nécessaires pour une santé optimale, même si l’apport calorique total est élevé.

L’histoire de la malbouffe est intrinsèquement liée à l’évolution de l’industrie alimentaire et des modes de vie. Au milieu du XXe siècle, l’industrialisation alimentaire a pris son essor, rendant les aliments transformés plus accessibles et plus abordables que jamais. Les avancées technologiques ont permis de produire en masse des aliments à longue conservation, faciles à préparer et à consommer rapidement. Cela correspondait à l’émergence de sociétés de consommation où le temps devenait une denrée précieuse. Cependant, ces aliments transformés étaient souvent dépourvus de leurs qualités nutritionnelles d’origine, remplacées par des substances chimiques pour améliorer la saveur, la texture et la durée de conservation.

La popularisation de la malbouffe a également été largement influencée par le marketing et la publicité. Les grandes entreprises alimentaires ont investi massivement dans des campagnes publicitaires ciblant particulièrement les enfants et les jeunes adultes, créant des habitudes alimentaires dès le plus jeune âge. Les slogans accrocheurs, les mascottes colorées et les promotions attrayantes ont contribué à ancrer la malbouffe dans la culture populaire. Parallèlement, les environnements urbains ont évolué pour inclure un nombre croissant de chaînes de restauration rapide, rendant ces options alimentaires omniprésentes et facilement accessibles. Les conséquences à long terme de ces habitudes alimentaires ont commencé à apparaître, avec une montée en flèche des maladies liées à l’alimentation.

malbouffe

Comprendre la malbouffe dans nos assiettes

La malbouffe : ne jetons pas la pierre à ce qui en sont victimes.

En effet, depuis les années 70, nous sommes plongés dans l’abondance de :

  • la restauration rapide : il suffit de sortir de chez soi aux abords de ville pour découvrir une multitude d’enseigne,
  • des plats préparés : moins de 2 min au micro-onde,
  • la possibilité de se servir à volonté : bars à nourriture, ou à boissons proposés pour attirer la clientèle.

De plus, qu’on se le dise, la bouffe créé de l’emploi. L’agro-industrie a répondu à une demande : gagner en qualité de vie en passant moins de temps à s’alimenter par une cuisine traditionnelle : le temps passé en cuisine par exemple ( je rappelle qu’en ce temps, les robots ménagers étaient inexistants ou difficilement accessible), et privilégiant les moments plaisirs : comme par exemple faire de l’activité physique, aller se balader et tout autre chose.

Le consommateur quant à lui passe moins de temps à cuisiner, pourquoi le ferait-il ? puisqu’il n’a pas le temps, ses préoccupations sont ailleurs.

Les chariots se remplissent sans vraiment savoir ce que l’on consomme. Les produits mis à disposition sont, pour une grande majorité, de mauvaise qualité, riche en graisse, en sucre et en sel. A l’aube de l’année 2020, les industriels tentent une nouvelle approchent en réfléchissant à une offre « plus saine » :mise en valeur de la qualité des produits alimentaires de base, la diminution de sel, de sucre, des recettes pas forcément diététiques plus savoureuses.
Dans notre monde actuel, où l’on chasse la perte de temps, où le fait de cuisiner n’est pas prioritaire pour soi mais le fait de capitaliser sa santé est importante, il est évident que ces nouveaux aliments santés prennent toute leur place dans notre quotidien.

Malgré ces efforts, afin de tenir le produit dans le temps, l’ajout d’additifs est toujours d’actualité ce qui peut impacter la santé du consommateur. De plus la densité des produits alimentaires aussi sains soient-il, est tel que la digestion est bien souvent de mauvaise qualité, ce qui impacte aussi le microbiote qui peut être à l’origine de bien des maux.

Bref, le fait de consommer exclusivement des produits « industriels » n’aide pas à améliorer son capital santé. Il est essentiel de se remettre à cuisiner. D’ailleurs, il est beaucoup facile de le faire aujourd’hui avec l’aide de nouveaux robots culinaires qui sont un véritable gain temps du manger équilibré.

L’assiette idéale telle qu’elle est perçue en matière de santé

L’assiette idéale est malheureusement parfois bourrée de croyances comme :

  • le fait de manger des légumes à volonté,
  • d’exclure certains aliments de notre alimentation le beurre, les matières grasses, le pain qui ferait grossir, etc.
  • d’en privilégier d’autre qui n’ont aucun intérêt nutritionnel comme les produits à Zéro calories, pourcent de matière grasse,
  • ne consommer que des céréales et féculents à index glycémique bas.

Autant de préjugés qui nous rend l’acte de manger si difficile.

L’assiette idéale est finalement composée d’aliments qui répondent à nos besoins, avec une quantité adaptée, une variété constante. On y retrouve des aliments riches en protéines comme les viandes, poisson œufs, fromages, ou encore légumineuses, des féculents, des fruits et légumes, de la matière grasse, des laitages pour les consommateurs, et du sucre pour le plaisir.

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La réalité concernant l’assiette et la santé

La réalité est que nous n’avons pas forcément conscience de ce que l’on mange. L’assiette peut être définitivement équilibrée pour être plus dans une logique de santé, il n’en est pas moins qu’à cause de ce manque d’attention, on peut par exemple se rendre compte que :

  • Le volume que l’on ingurgite est en inadéquation avec nos besoins : Beaucoup de personnes ne prennent pas le temps de mesurer ou de contrôler les portions de leurs repas. Cela peut conduire à une surconsommation de calories, même avec des aliments considérés comme sains. L’absence de conscience des portions appropriées peut entraîner une prise de poids et des déséquilibres nutritionnels, même si l’assiette semble équilibrée en apparence ;
  • Le plaisir n’est absolument pas présent, ce qui pourrait impacter sur une prise alimentaire type « grignotage » : Manger doit être une expérience agréable. Lorsque le plaisir est absent, cela peut entraîner des comportements alimentaires compensatoires tels que le grignotage excessif ou le désir de consommer des aliments riches en sucre et en graisse pour compenser ce manque de satisfaction. La relation émotionnelle avec la nourriture est cruciale pour maintenir des habitudes alimentaires saines et durables ;
  • La digestion du plat est mauvaise : Une alimentation équilibrée ne garantit pas toujours une bonne digestion. La qualité des aliments, leur préparation et la manière dont ils sont consommés peuvent influencer la digestibilité. Une mauvaise digestion peut entraîner des inconforts gastro-intestinaux, une absorption inefficace des nutriments et des impacts négatifs sur le microbiote intestinal. Cela peut finalement affecter la santé globale et le bien-être ;
  • Le comportement face à l’acte de manger devient une vraie interrogation par rapport à la santé : La manière dont nous approchons nos repas, y compris notre état d’esprit et notre environnement pendant les repas, joue un rôle crucial. Le stress, la hâte et le manque de concentration pendant les repas peuvent affecter la digestion et l’assimilation des nutriments. Manger en pleine conscience, c’est-à-dire prêter une attention totale à l’acte de manger, peut améliorer non seulement la satisfaction mais aussi la santé digestive ;
  • Les choix alimentaires sont souvent influencés par des facteurs extérieurs : Le marketing alimentaire, les publicités et les tendances diététiques peuvent influencer nos choix sans que nous en soyons pleinement conscients. Ces influences peuvent nous pousser à choisir des aliments qui ne sont pas nécessairement les meilleurs pour notre santé, même s’ils sont présentés comme sains ou bénéfiques ;
  • La variété alimentaire peut être négligée : Une alimentation équilibrée nécessite une variété d’aliments pour fournir tous les nutriments nécessaires. Cependant, par commodité ou par habitude, beaucoup de gens consomment un éventail limité d’aliments, ce qui peut conduire à des carences nutritionnelles. Diversifier les sources de nutriments est essentiel pour une santé optimale ;
  • L’impact environnemental et éthique de nos choix alimentaires est souvent ignoré : La provenance des aliments, les méthodes de production et les impacts environnementaux sont des aspects importants à considérer. Opter pour des aliments locaux, de saison et produits de manière durable peut contribuer non seulement à notre santé personnelle mais aussi à celle de la planète.

Le comportement face à l’acte de manger devient une vraie interrogation par rapport à la santé. Revenir à une alimentation consciente, où le plaisir, la satisfaction et la nutrition sont équilibrés, est essentiel pour une santé globale. Il est important de prendre le temps de savourer chaque repas, de prêter attention à la qualité et à la variété des aliments consommés, et de cultiver une relation positive avec la nourriture.